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Comme à chaque nouvel article, je ne sais pas trop par où commencer... Déjà presque 10 jours sans donner d'infos, et il s'en passe des choses ici. Le plus simple est de développer par thèmes, comme ça, vous ne lirez que ce qui vous plait bande de frippons!
LA VIE A COCHABAMBA:

Cela fait 2 semaines aujourd'hui que nous avons emmenagé dans notre maison, et que nous découvrons la vie Cochabambina réellement. Au sujet de la maison, quelques précisions s'imposent... Les commentaires vont bon train concernant un certain embourgeoisement qui semble nous avoir gagné. Je tiens juste à préciser que ladite maison, même si elle comble toutes nos attentes, est loin de s'apparenter à l'idée du luxe que nous nous faisons en Europe. Je vous promets que sortir de la douche dans une maison sans chauffage par un frais matin d'hiver recquiert de la volonté! Mais je vous rassure (étiez-vous inquiets, j'en doute...) nous ne nous plaignons pas.
La vie donc à Cocha...Il y fait bon vivre, c'est la première chose que l'on peut dire! Les matins vous l'aurez compris sont un peu frais (entre 5 et 7°C), mais dès 10h, la température monte jusqu'à atteindre un 27°C moyen tous les jours. L'autre grand changement réside dans la course du soleil. Evidement, ici on oriente plutôt au Nord pour chercher la lumière, mais surtout, à 18h30, rideaux! La nuit tombe! Notre rythme s'en trouve donc un peu changé, on se lève plus tôt pour profiter de la journée dès 6h30. La ville, vous l'avez peut-être vu sur les photos, est agréable, mais c'est l'ambiance qu'il convient de décrire un peu mieux...
Une constante ici: les pétards et autres feux d'artifices. Allez savoir pourquoi, dès que la nuit tombe, et même en plein jour, le Bolivien se plait à faire du bruit avec ça. Ajoutez à ça les klaxons, la circulation, et les chiens aboyants, vous aurez une idée de l'ambiance sonore agitée. Mais quand même, c'est bien plus calme qu'en Inde. Les trottoirs sont, à part sur le Prado, dans un état désastreux, entre blocs de béton et sable, mais les marchands ambulants tous les 20 mètres donnent un côté bon enfant à ce désordre. Dernière chose enfin concernant la rue, les premiers vendredis de chaque mois, la ville est envahie d'une épaisse fumée. Devant chaque magasin ou maison, voire même dans les boutiques, de petis feux sont allumés, dans laquelle de la nourriture est brûlée, et de la bière est versée afin de prendre soin de la Pacha-Mama, la Terre-Mère. Ce concept (que j'étudie en cours, donc permettez que je frime un peu) dépasse le simple côté typique que nous imaginons, pour définir toute une philosophie, mais j'en parlerai plus tard.
Derniers points concernants l'ambiance et la vie ici, les défilés et les transports en communs. Nous avons assisté il y a 15 jours au défilé de la fête nationale, et la semaine dernière àcelui en l'honneur de la vierge d'Urkupina. Durant le premier, nous avons assisté à de belles empoignades sur fond de désaccord politique, ainsi qu'à la parade des membres (âgés aujourd'hui) du commando qui a tué le Ché, mais le point commun au 2 reste la danse et la musique. Des heures durant...Mais les vidéos parleront mieux! Enfin, les transports en commun. Le matin, nous prenons le bus de ma fac qui passe à 200m de chez nous, mais le reste du temps, plusieurs solutions s'offrent à nous. Le taxi tout d'abord, incroyablement bon marché (environ 1 euro pour 7 Km), mais aussi et surtout les "truffis" et les "micros". Les premiers sont des voitures, les seconds des bus. Ils sont marqués de lettres ou de chiffres qui correspondent à un itinéraire, et il y en a partout. Il suffit de savoir quelle ligne on veut prendre et donc de connaitre un peu les itinéraires, puis on en hêle un, on monte, et on descend quand on veut sur le trajet, pour environ 0,10 Euros...Economique, rapide, pratique, et surtout typique!!!
LA NOUVELLE VIE D'EMILIE

Je ne vais faire qu'aborder le sujet, j'entends déjà au loin les cris rageurs de certains lecteurs (oui, toi là entre autres) qui vont me taxer de macchisme et de monopolisation de la plume... Elle se chargera elle même de vous expliquer ça plus en détails, mais pour ceux qui ne sont pas au courant, Emilie "travaille" depuis une semaine dans un ONG non loin de ma fac. Elle s'occupe d'enfants dont les parents sont en prison. Tout se passe bien, d'autant plus qu'elle peut choisir ses horaires, ce qui nous laisse du temps tous les 2. Mais j'arrête là, les premiers gromellements parviennent déjà jusqu'ici.
LA FAC, OU LE MONDE DES CONTRASTES...
Comme certains le savent déjà, tout se passe pour le mieux avec les cours. L'emploi du temps est assez bien fait je trouve, à savoir que le projet d'archi court sur tout le semestre, à raison de 2 heures tous les 2 jours, et les autres matières sont organisées au mois, à raison de 2 heures par jour. A savoir pour l'instant 2 heures d'urbanisme tous les matins de 7h45 à 9h45, et 2 heures de valeurs socio-culturelles andinnes tous les après-midi de 14h30 à 16h30. Donc entre 4 et 6 heures de cours par jour, mais l'avantage, c'est que les 2/3 des matières changent à la fin de chaque mois!
L'autre gros bouleversement réside dans le fait que nous ne soyons que 6 ou 7 par cours. Ca change des cours en amphi à 80! Le prof qui assure le plus gros de mon enseignement (à savoir projet et urba), Raul Aguilar, a travaillé des années en Suisse, il parle donc parfaitement une langue qui se rapproche du Français! Il est vraiment intéressant, même si nous ne savons pas trop dans quelle direction nous allons travailler, et surtout qu'il nous oblige à travailler à la main! Voir d'autres méthodes, ça peut faire du bien aussi! Dernier petit détail, la scolarité coute ici 1200 Euros par semestre (pas pour moi heureusement). Le salaire moyen tournant autours des 100 Euros par mois, autant vous dire que je ne suis pas entouré de gamins de la rue. Ajoutez à ça un cadre somptueux mais planté au milieu d'un quartier pauvre en périphérie de la ville, vous avez une bonne image du contraste incroyable qui surgit à chaque début de journée, quand le défilé des 4x4 intérieur cuir se met en place à l'entrée de la fac...
En valeur socio-culturelles, les premiers cours était passionants, basés sur la découverte des civilisations pré-Colombiennes, mais la suite s'est peu durcie, avec l'étude de la théorie du fonctionement de la pensée Andine. La philo me plaît bien en général, mais là c'est en Espagnol, et en plus il faut assimiler des valeurs d'une société totalement inconnue pour moi, mais naturelle pour eux...Mais bon, c'est peut-être le meilleur moyen de mieux comprendre le fonctionement des mentalités ici, et également de préparer notre voyage tant souhaité au Machu-Pichu. Mais avant ça, il y a eu le partiel de Mardi dernier...Je serais fixé demain, mais je ne pense pas avoir révolutionné la philosophie avec mon espagnol, qui est certes très correct pour mener une conversation entre copains mais qui trouve ses limites dans l'élaboration de phrases traitant de la structure mentale des indiens Aymaras!
VOYAGE A TORO-TORO

Le week-end dernier, comme annoncé, nous sommes partis 3 jours en voyage d'étude avec ma fac, et les profs ont eu la sublime idée d'inviter Emilie à se joindre à nous. Ils sont prévenants quand même non? Donc Vendredi matin, rendez-vous à 6h30 pour le départ. Nous arrivons 10 minutes en retard verts de peur à l'idée de se faire incendier, mais nous étions les 2ème, juste après mon bon Dennis, ma mine d'infos sur le déroulement de la vie de la jeunesse Bolivienne. Au bout d'une demie-heure, le contingent s'étoffait à peine, et au bout de 45 minutes, les profs arrivaient...L'heure Bolivienne... Nous sommes finalement partis aux alentours de 8 heures! Pour arriver 6 heures plus tard, en ayant couvert la distance énorme de 140 Km...De la bonne vieille piste à l'ancienne!
Après un repas bien mérité, nous nous mettons au travail, le but du jeu étant de prendre le maximum d'informations sur le village qui sera notre site d'étude pour tout le semestre. Et il faut être volontaire...La mairie nous a fourni l'unique plan de la ville datant de 2005 (avant ça, walou!) à l'échelle originale du 1/2700 ème, et il ne regorge pas d'infos, à vrai dire, il n'y a que les rues... Donc d'abord choix du site, étape durant laquelle j'aurai l'honneur d'apprendre que je suis chef de groupe! A oui, j'ai oublié de préciser que le voyage concerne toutes les promos, et que 2 groupes ont été constitués pour mener une analyse urbaine. Et je dois en gérer un, heureusement bien aidé par Gustavo, qui semble comprendre que je ne souhaite pas trop me faire d'ennemis tout de suite en allant réveiller tout le monde le matin par exemple, donc il s'en charge! De plus, je vous jure, ils parlent vraiment pas comme nous! Mais une fois de plus, je m'égare...
Donc séance de travail partagée avec Emilie qui nous sert de photographe (on nous appelle les "National Geographics, rapport à nos 2 appareils photos...) avant de rentrer à l'hôtel à la nuit, de parler un peu avec tout le monde, de découvrir des jeux typiques, et surtout de déguster une "parillada" des plus fameuses! De la viande à ne plus savoir qu'en faire (en fait si, on savait bien quoi en faire...) cuite au grill, arrosée de jus de citron et de gros sel. Sans commentaire...
Le plus intéressant se passa le second jour. Départ tôt le matin, avec rendez-vous fixé à 7h30 pour départ 8h grand maximum pour une excursion. Nous sommes donc partis vers 9h45 (l'heure Bolivienne, souvenez-vous) pour quelques 10 km de marche au coeur d'un paysage désertique, mais cependant magnifique. Le caractère désertique pourrait-il d'ailleurs enlever à la magnificence d'un lieu? Encore une fois j'en doute... Bref, toute cette marche sous un soleil de plomb, pourquoi me direz-vous? En bien pour arriver à l'entrée d'une grotte. Et figurez-vous qu'une fois là-bas, nous y sommes même rentrés dans cette grotte! Près de 2h30 à grimper, glisser ou ramper. Des souvenirs plein la tête, et de belles photos à vous montrer sous peu.
Après une dernière demie-journée de travail, et autant de bus, nous nous sommes résigné à nous en retourner chez nous, et à reprendre notre vie Cochabambina.
POUR TERMINER
Encore une fois, j'ai conscience de la longueur de cet article, et je remercie ceux qui ont eu le courage de tout lire. Pour les autres...à vrai dire peu m'importe, par définition, s'ils n'ont pas tout lu, ils ne liront pas ça. A moins que le vice ne les pousse à vérifier la conclusion pour s'assurer que je ne dise pas de mal d'eux.
Il y a encore tant de choses que l'on ne peut pas raconter ici, sous peine de tomber dans la longueur excessive, mais l'essentiel semble dit, et surtout, ce qui compte c'est de dire que nous nous sentons vraiment bien ici.
Nous pensons bien fort à vous tous, et les commentaires laissés ou autres mails envoyés nous font chaud au coeur.
Nous essayerons de poster plein de nouvelles photos ce week-end,et quelques vidéos. Nous aurons d'ailleurs à ce sujet des questions techniques à poser au Papy, notament sur l'utilité d'un filtre UV pour l'appareil photo aux altitudes auxquelles nous mitraillons.
D'ici le prochain épisode, portez-vous bien, et soyez sûrs que malgré la distance, aucun d'entre vous n'échappera à la traditionelle BISE.
PILOUEMILIE. |