A L'ECOLE EN SHORT EN PLEIN HIVER...VALABLE!
WEEK END A LA PAZ
La nouvelle est tombée la semaine dernière: le 14 Septembre étant l'anniversaire de Cochabamba, le 15 sera ferié, histoire que tout le monde cuve...Ce n'était pas exactement dit comme ça, mais presque! Et rapidement, nous avons décidé de profiter de ce week end de 3 jours pour voyager un peu, les occasions étant trop rares, et les défilés en ville désormais trop vus. Notre première intention était de visiter Santa-Cruz, à quelques 12 heures de bus, mais mes camarades nous en ont vite dissuadé en raison des fortes émeutes en ce moment. Bon...2ème choix, Sucre (pronocez « Soucré » si l'envie de parler à votre écran vous prend). Nous consultons nos guides pour préparer le voyage, la ville semble sympa, tout prend forme, quand nous allumons la télé Mercredi soir. Et là, comme on dit, tout bascule! Encore une fois, des images d'émeutes, plutôt sportives. Achat de journal le lendemain matin, et confirmation: toutes les routes sont coupées, et même si on arrive à passer, ça sent le chahut. Bon, pas grave, on a toujours une petite excursion sous le coude, mais là, on va surtout trier par ordre de sécurité, et à ce petit jeu, c'est La Paz qui gagne. Nous réservions cette étape pour plus tard, les connexions routières étant sûres et rapides, histoire de boucher quelques jours d'inactivité, mais par la force des choses, ce sera pour ce week end. De plus, ce sera l'occasion de retrouver Pedro et Moumou, 2 copains de l'école de Clermont qui sont en échang à La Paz. Deux coups de fils et un billet de bus plus tard, nous voilà donc partis Vendredi vers 23 heures pour arriver à destination vers 6h15. Histoire de ne pas réveiller nos collègues trop tôt, nous commençons une petite visite de la ville, en prenant de plein fouet les effets du froid et de l'altitude. On est à 3600 m, et notre corps se charge bien de nous le faire remarquer! Je pense que tout le monde se fait une idée de ce que peut être La Paz en terme de joies topographiques, mais vous êtes loin du compte! Ca grimpe tout le temps, ça brûle les mollets, et ça pique les poumons! Mais en contrepartie, la ville nous offre un spectacle que l'on ne peut voir ailleurs. En 2 mots, La Paz, c'est taré! Je vous promets de bien belles photos sous peu, l'appareil ayant par miracle résisté à une chute improbable d'une hauteur non négligeable, que je qualifierais à vue de nez d'environ égale à celle d'un Pilou...
Après une bien belle ballade, nous grimpons littéralement jusqu'à chez nos amis. Le cadre est vraiment sympa, petite maison à patio qu'ils partagent de façon quasi-communautaire avec la Mama et son fils Fabio. A ce doux portrait viennent s'ajouter Baxter, un improbable chien vêtu de maillots de foot, et un non moins probable perroquet dont l'âge l'empêche de voler vers le haut (à chaque décollage, il semble croire qu'il vole vers la liberté, mais en réalité ses ailes ne font que ralentir sa chute...) mais lui permet toujours de réveiller la maisonée au son strident d'un « Peeedrôôô » bien senti... Bref, un cadre des plus plaisants. Après avoir partagé nos impressions sur le pays, nous passons à table, où nous trainons un bon moment. Ca fait quand même plaisir de retrouver des copains à l'autre bout du monde. Après une énième goutte, nous partons marcher un peu et profiter un peu de la ville. De retour chez eux vers 20h, le climat se rappelle à notre bon souvenir. Le froid tombe en même temps qu'une conclusion évidente, née d'une blague à midi: pour lutter contre le froid, et célébrer cet esprit français qui nous habite, faisons du vin chaud! Nous élaborons un peu de la douce mixture, et au moment de débuter la dégustation, quelques personnes passent la porte. Qu'à cela ne tienne, nous avions désormais la recette, les doses n'avaient plus qu'à varier! Si le vin chaud était symbole de patriotisme ce soir là, nous pouvons dire que définitivement, nous sommes français... 
VUE SUR UN QUARTIER DE LA PAZ, AVEC L'ILLIMANI EN FOND... 6439m QUAND MÊME!!!
Le lendemain, après un petit déjeuner paisible autour du patio, nous partons visiter la vallée de la Lune. Le nom n'est pas volé! Des paysages incroyables, qui seront malheureusement gachés sous peu par la construction d'un condominio tout proche. C'est malheureux, ces privilégiés verront eux un spectacle magnifique depuis leur fenêtre, alors que le simple visiteur du site aura lui la perspective déchirée par ce quartier horriblement stylisé façon Playmobil, mais si cher au goût du Bolivien ayant réussi et voulant coller au standard de la série Beverly-Hills, mais ressemblant tragiquement aux alignements malsains du Truman Show...
Bref, une belle visite gâchée par la situation en devenir.
De retour en ville, nous visitons un peu plus, mais c'est au soir venu que nous comprendrons un peu mieux la vie d'ici. Emilie commence à ressentir les effets du froid et à tomber doucement malade, et moi, j'expérimente bien malgré moi le Soroche, ce mal d'altitude tant craint. Les effets sont divers et plus ou moins agréables. Nous allons donc nous coucher dans un état bizarre...
Le lendemain, nous nous forçons à aller marcher un peu, pour faire quelques achats, et nous ne manquons pas d'acheter un peu de coca, qui méritera à elle seule un article tant elle revêt un rôle important ici. Toujours est-il que son effet sur le soroche s'est fait ressentir. Malheureusement pour Emilie, à part une bonne infusion avec du miel, aucune médecine locale n'est prévue pour soigner son mal. Elle passera une journée un peu dûre la gorge en feu.
Notre séjour s'est terminé par un bon repas au resto avant de reprendre un bus de nuit direction Cochabamba. La Paz nous a réellement séduit, et nous y retournerons bientôt, tant les visites à faire à proximité sont nombreuses (Tiwanaku, Lac Titicaca,...).
LE MARCHE AUX SORCIERES DE LA PAZ
LA SITUATION EN BOLIVIE
Je ne sais pas si quelques informations arrivent jusqu'en France, mais même si à Cochabamba la vie nous semble toujours aussi douce, la situation dans le pays n'est pas toujours rose. Outre les émeutes à Santa-Cruz et Sucre, de violentes manifestations ont éclaté dans le nord du pays, dans les régions du Pando et du Béni, où plusieurs morts sont à déplorer, la nouvelle constitution du pays étant le catalyseur. Nous n'avons pas encore assez approfondi le dossier pour vous exposer un résumé de la situation, mais ça ne saurait tarder. Cependant, ne vous en faîtes pas, ce n'est pas non plus la guerre! Nous n'avons rien vu à Cochabamba, et si d'aventure nous étions amenés à voir quelque chose, nous nous garderions bien de nous en mêler. Il semble toutefois intéressant de comprendre un peu mieux ce qui se passe ici. Le président a également expulsé l'ambassadeur Américain du pays, accusant l'oncle Sam de financer l'opposition, et donc les émeutes, afin de se débarasser d'un dirigeant socialiste dans un pays à fort enjeu économique et stratégique comme la Bolivie. Par solidarité, Hugo Chavez en a fait de même. Nous attendons de voir les conséquences de tout ça, se mettre les Etats-Unis à dos n'ayant jamais été bien bon. Mais Morales semble un homme pesé, et il a fait ça dans une optique symbolique. A voir...
CONCLUSION ET ANECDOTE...
Quelques photos viendront agrémenter cet indigeste pavé de texte dans la semaine, le récit prendra alors une autre couleur...
Pour les éventuels cambrioleurs qui liraient ces quelques lignes, ne vous attardez pas sur notre appartement en France, des confrères à vous sont déjà passés par là Vendredi dernier... Ca fait bizarre d'apprendre ça depuis ici, où tout nous paraît si loin. Un bon vieux retour sur terre! Merci encore à nos aprents de s'occuper de tout ça pour nous, gérer ça depuis la France ne doit pas être facile, mais alors d'ici...
Pour les éventuels ex-nazis qui liraient ces lignes (j'espère pas quand même...), ne vous attardez pas sur notre maison en Bolivie, nous venons d'apprendre que Klaus Barbie y avait habité ... véridique ...pas glorieux, mais véridique...
Petits messages personnels enfin si les destinataires ont lu jusqu'ici:
-à la famille Laurent (je ne les citerai pas tous ici, ils s'aggrandissent à une vitesse folle ces derniers temps): merci pour les commentaires, on pense bien à vous d'ici, mais nous n'avons pas votre mail pour vous écrire...si vous lisez jusque là, envoyez le nous!
-à Jeanne: si tu passes par là lors de ton voyage en Amérique Latine, tu seras bien entendu la bienvenue.
-aux archis: bon courage pour la rentrée, mais je ne vais pas vous plaindre non plus, j'ai rattaqué il y a plus d'un mois et demi!
-aux volleyeurs/euses: bonne reprise de championnat...moi j'aurais mes week end de libre enfin!
Et que tout le monde se rassure, le retour à nos températures incroyables a mis Emilie sur le chemin de la guérison!
Merci encore pour les commentaires qui nous rappellent que quelques personnes pensent à nous au bout du monde, et félicitations aux acharhés qui auront tout lu!
A bientôt pour plus de photos.
LA BISE.
PILOUEMILIE.