DE CLERMONT A COCHABAMBA...

LA TETE DANS LES NUAGES

Pour changer, ca a été un peu la course ces derniers tempsTrek du Takesi… Je n’avais que 10 jours à passer avec Juju et Eugénie, on a donc essayé de ne pas perdre de temps, et nous y sommes arrivés ! Le programme original prévoyait une petite excursion au parc du Sajama, mais après avoir consulté les prix et l’état de mes comptes, il y avait comme une incompatibilité… J’ai donc proposé une autre option à nos amis Lyonnais, désormais aguerris à la vie bolivienne : le trek du Takesi. Ayant été coincé a La Paz sans pouvoir partir au trek del Choro, cette solution présentait l’avantage de me permettre de marcher un peu pour me « tester », et elle permettait aux copains de faire un trek dans les Andes, ce qui reste appréciable.

Retrouvailles le mercredi après 2 semaines de voyage pour eux, quelques courses pour préparer la marche, et nous étions prêts juste à temps pour boire l’apéro et fêter l’anniversaire d’Eugénie. Le bons sens nous faisait nous coucher tôt, prévoyant les 2 jours de marche à venir. Et le Jeudi matin, nous sautions dans un truffi en direction de Ventilla, point de départ du trek. Au programme de la 1ere journée, une belle montée jusqu'au col a 4700m d’altitude. Au début, on peut dire que tout allait bien, genre petite ballade, mais la dernière partie s’est révélée plus raide, et l’altitude commençait à taper un peu. Mais une fois au col commençait une longue descente qui a remis tout le monde d’aplomb. Et la pause repas au bord d’Bivouacun lac aux eaux claires a fini de nous remettre sur pieds. A partir de la, le seul objectif était de descendre suffisamment pour ne pas avoir trop froid la nuit. Nous avons donc continué jusqu'à 18h pour atteindre la barre des 3600m qui me semblait raisonnable. Rien de particulier, si ce n’est la tentative infructueuse de « racket » d’une habitante de la communauté se trouvant sur le chemin. Voyant que nous ne voulions pas dormir au village pour planter la tente dans un endroit plus sauvage, elle a tenté de nous faire payer en prétextant qu’on devait le faire en traversant le village. Bien essayé !
Et nous avons donc continué jusqu'à un site qui nous paraissait séduisant : en bord de rivière, abrité des vents,… et nous avons planté la tente. Le temps s’aller chercher un peu de bois et de mettre le réchaud en action, et nous dégustions une bonne soupe au coin du feu. Mais malgré le cote agréable de la situation, à cette altitude, tu ne traines pas trop avant d’aller au lit ! Une nuit plutôt bonne, meilleure que celle passée seul a la laguna Chilata en tous cas. Nous avions opté pour la location d’une tente 3 places, histoire de se tenir chaud, et ca a marché ! Au matin, petite surprise. Apres avoir avalé un thé, nous commençons à plier la tPtit dej dans la tenteente, et 2 femmes du village arrivent et reviennent a la charge pour nous demander 10 bols par personne en reconnaissance aux habitants du village qui s’occupent du chemin et ramassent les ordures… Et pour ceux qui connaissent les chemins boliviens, c’est un concept ! Ils ne font absolument aucun entretien, et encore de ramassage… J’ai donc passé le quart d’heure suivant à plier la tente et faire mon sac tout en m’engueulant avec lesdites dames. Et nous avons repris notre chemin, non sans s’être vus accablés du mauvais œil. Et le deuxième jour de marche pouvait attaquer. Au menu, une descente jusqu'à une altitude de 2000m. Et autant vous dire qu’on sent la différence ! Petit à petit, nous nous enfoncions vers la jungle, et avec elle, la chaleur et l’humidité. Une belle pause déjeuner au bord d’une rivière, ou nous nous sentons le courage de nous baigner… « Froifou les patounes » comme on dit, l’eau vient directement du glacier ! Et en fin d’après midi, nous arrivions a la fin du trek. Et la surprise, pas de bus pour la Paz… Il fallait passer la nuit au village, mais vu le village, ca ne nLe juju et la Gegeneous faisait pas bien rêver ! Un centre minier, mais pour le coup, un vrai, a l’ancienne, a la Russe même… Potosi à cote c’est Disneyland. Nous avons donc décidé de marcher encore un peu jusqu'à un pueblo à 5Km, un peu plus agréable, ou nous avons passé la nuit. Et le lendemain midi, enfin, nous pouvions repartir pour la Paz. Et la route vaut des points… Bien pire que la route de la mort a mon sens. Mais de belles images pour le coup ! Et nous étions de retour à la capitale pour préparer l’expédition du lendemain…
 
OBJECTIF HUAYNA POTOSI : 6088m…
Des notre arrivée, nous allions essayer l’équipement a l’agenLe Huayna Potosi et le cimetiere des mineursce pour tenter l’ascension du fameux sommet. Rencontre avec notre guide, et rapidement nous allions nous coucher. Pour l’occasion, Juju et Eugénie m’ont invité à l’hôtel… J’étais comme un gamin, une douche chaude, des draps propres, un vrai lit… je n’avais jamais trop connu ca à La Paz ! Et le lendemain à 9h, nous partions en direction de l’Alto, et commencions à apercevoir le sommet. Une drôle de sensation, ca fait a la fois peur et envie ! Une boule au ventre quand même, ca reste impressionnant de voir une montagne de cette taille, on se demande bien comment on va pouvoir en venir a bout… Petit repas au camp de base, bouclage des sacs, et nous partions pour une marche rapide vers le camps haut, a 5200m. Un petit refuge de pierre, ou nous avons passe l’après midi, sans faire grand-chose. Entre jeux de cartes, grignotage, et conversations avec les quelques autres personnes occupant les lieux, nous étions assez vite rendus a 18h, l’heure du diner, et dans la foulée du coucher. Tant bien que mal, entre manque de sommeil, appréhension, ronflements et autres bruits digestifs courants a cette altitude, nous essayions de nous reposer, jusqu'à ce que notre guide, Andres, nous réveille a 1h du matin. Et la, en selle ! Une bonne demie heure pour enfiler tout l’équipement et les diverses épaisseurs pour essayer de ne pas avoir trop froid, le temps d’avaler un thé, et nous partions au pied du glacier pour chausser les crampons. Pas vraiment le temps de réaliser en fait, et les premières cordées partaient déjà. Le guide nous avait informé de nosl'equipe avant l'ascension: Moi, Eugenie, Juju, et Ben, un Israelien compagnons de cordée peu avant : je serais avec Eugénie. Et après avoir vu les frontales s’éloigner une a une su le glacier, nous partons enfin, en queue de peloton. Et d’emblée notre guide semble nous imposer un rythme parfait. Si je l’avais tenté seul, j’aurais surement été tenté de partir a mon rythme, en forçant un peu le pas. Mais nous avancions doucement, en prenant tout notre temps, a un pas toutes les 2 secondes environ. Et les 3 premières heures ont vraiment coulé parfaitement. De belles sensations, marcher sur un glacier dans les Andes, de nuit, sans même avoir besoin de la frontale tant la lune nous éclairait. Un beau silence, juste le bruit des crampons se plantant dans la glace. Et nous n’avions réellement aucune impression de fatigue. Arrivés a 5500m, nous devions franchir la première partie technique, une pente a 55º, qui nous mettra un petit coup d’adrénaline, avant d’arriver sur une crête un peu longue. Et c’est la que ca a commence a se gâter pour moi. J’étais en queue de cordée, et cela faisait déjà quelques heures que mon regard se fixait uniquement sur les chaussures d’Eugénie pour garder le même rythme. Et nous marchions vraiment lentement. Et d’un coup, j’ai commencé à avoir sommeil !Ascension vers le campo alto Je mettais ca sur le compte de la petite nuit, mais après une petite heure, d’autres signes sont apparus… Je commençais a avoir des vertiges, mal a la tète : un bon vieux mal des montagnes. Nous approchions des 5900m, et je me disais que je comprenais vraiment pourquoi Emilie et Papa s’étaient arrêtés à cette altitude. Je me donnais encore jusqu'à la fin de la combe pour prendre une décision. Jusque la, pas de risque à marcher avec la tète qui tourne, mais attaquer le mur final sans avoir l’esprit clair, pas question. Je me suis donc vraiment fait violence durant une bonne heure, pas tant physiquement, mais surtout pour essayer de ne pas penser a abandonner, sinon tu ne penses plus qu’a ca ! Et petit à petit, j’ai commencé à aller mieux. Une dernière partie avec un gros changement de rythme, et j’étais remis. Heureusement, car la attaquait le plus dur…
 
LE MUR FINAL
Nous avions mis plus de temps que les autres cordées à arriver là haut. Nous apercevions 2 groupes tout proches du sommet, et il nous restait une bonne heure et demie à marcher dans la partie la plus vertigineuse. Mais bizarrement, j’ai préféré ca aux longues approches. Au moins, tu te concentres sur autre chose que sur le rythme des chaussures de ton compagnon de cordée, qui finit par t’endormir a la longue. Premier « mur » donc, bien passé, avant d’arriver sur une partie roche-glace un peu plus délicate. Et la nous croisons Juju qui redescend. Il est arrive au sommet 1h30 avant nous, et il est visiblement un peu marqué. L’altitude l’a attrapé lui aussi, mais il sera allé au bout, et surtout redescendu sans encombres. Nous terminons la partie rocheuse, et attaquons la dernière ligne droite vers le sommet. Ca semble vraiment long, chaque pas pèse, mais on voit le but tout proche. Nous faisons une pause de 10 secondes tous les 4 ou 5 pas. Et après 6 heures d’effort, nous y sommes enfin ! Un petit bout de glace, 1000m de vide d’un coté, une pente à faire pâlir les skieurs de l’extrême de l’autre, c’est bien ca. Et surtout une vue incroyable sur toute la Cordelière, sur le lac Titicaca, et jusqu’au Sajama, a la frontière avec le Chili. C’est un peu bizarre, mais nous étions vraiment émus une fois la haut. Pas si fatigués que ca, mais un peu abasourdis de l’avoir fait. Le temps de prendre quelques photos, dont une commande expresse de mon père, et nous devions redescendre. Je vous laisse imaginer la température la haut, qui n’incite pas au farniente…
ENFIN AU SOMMET!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!Et dès le début de la descente, j’ai fait une rechute. De nouveau des vertiges, une sensation bizarre, et un mal de tête assez fort. Heureusement, notre bon guide et Eugénie guidaient mes pas, me disant où poser mes crampons dans la partie technique. Et après 15 minutes, tout avait disparu ! Il ne nous restait plus qu’une marche de prés de 2h pour rejoindre le camp haut, et c’est en fait la partie qui nous a semblé la plus dure ! Et une fois là bas, nous pouvions enfin savourer… Enlever les crampons, manger une soupe, et regarder ce que nous venions de grimper.
Je suis bien sur très heureux d’être arrivé là haut, et à vrai dire un peu fier, mais je regrette quand même de ne pas pouvoir l’avoir tenté avec mon père et ma femme… C’était un de nos grands projets depuis que je savais que je partais en Bolivie, mais ca n’a pas pu se faire. C’est comme ca, on reviendra, ou on en tentera d’autres !
 
CONCLUSION
Je vais m’arrêter la pour cet article. Il me reste encore pas mal de choses a raconter, mais chaque chose en son temps ! Je suis en ce moment à Rurrenabaque, dans la jungle, et j’essaye de mettre le blog à jour en attendant l’arrivée de Cédric demain matin. Le prochain article arrive donc sous peu, avec quelques photos je l’espère, et je posterais même un petit montage vidéo de l’ascension quand j’aurais le temps.
La bise a tous, et a Juju et Gegene en particulier, qui a cette heure ci doivent être arrives en France, après presque 48 heures de voyages depuis Rurre…
PILOUEMILIE
 

Publié à 18:30, le 13/07/2009, dans Voyages en Bolivie , Nevado Huayna Potosí
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Huyana quand tu nous tiens!

17:40, 14/07/2009 .. Publié par Poupa
J'étais certain que tu y arriverais.Zut de zut je n'étais pas avec toi. Nous en ferons d'autres, c'est toi qui l'a dit et je confirme. Bisous

Huyana vaincu!!!

17:44, 14/07/2009 .. Publié par Genepi
Alors les Montminois ça vous épate!!! Un presque Montminois à 6088m sur un sommet des Andes!!!

I sont fous ces jeunes !

19:11, 26/07/2009 .. Publié par Anonymous
Entre la jungle et les plus de 6000, je me demande ...j'chai pas quoi, mais je m'demande ! Du haut de mes 82 ans, j'ai quand même le droit de me poser des questions, et ce n'est pas toi, mangeur d'anaconda et autres piranhias qui va m'en empécher. Tsssss !

Mise au point

19:14, 26/07/2009 .. Publié par Papy
...Bien qu'anonyme à 82 ans, on ne peut plus être anonymus

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